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Fukushima, 5 ans après.

Publié le par Nippon-Sensei

Fukushima, 5 ans après.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Un petit article très rapide afin de commémorer les cinq ans de la catastrophe de Fukushima. C'est un peu moins joyeux que les précédents articles, mais il me semblait nécessaire d'en parler un peu.

Fukushima Daiichi, District de Futaba, Préfecture de Fukushima

(Cliquez pour agrandir.)
(Cliquez pour agrandir.)

Petit rappel des faits :

Le 11 Mars 2011 à 14h46 (heure locale), un séisme de magnitude 8,9 est mesuré. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, dans la préfecture de Miyagi. Les quatre centrales nucléaires sur la côte nord orientale, Fukushima Daiichi, Fukushima Daini, Onagawa et Tokai, se sont arrêtées automatiquement à la suite des premières secousses. A 15h30, une vague de 15 mètres provoquée par le séisme atteint la centrale de Fukushima Daiichi. A 16h36, le système de refroidissement du réacteur 1 s'arrête. Tepco, la société qui gère la centrale, avance la possibilité d'une erreur humaine. La température du cœur du réacteur s'emballe et atteint 2 800°C, la température de fusion en moins de deux heures.

Malgré les efforts menés pour refroidir le réacteur, une explosion d'hydrogène se produit le 12 mars à 15h36. La radioactivité autour du réacteur monte de façon inquiètante. Une seconde explosion se produit le 14 mars à 11h01 au niveau du réacteur n°3. Par ailleurs, le système de refroidissement du réacteur n°2 cesse de fonctionner. A 16h58, Tepco confirme la fusion des cœurs des réacteur 1, 2 et 3. Le 15 Mars, une explosion se produit endommageant l'enceinte de confinement du réacteur n°2. A 11h35, le périmètre de sécurité est élargie est la population est évacuée dans un rayon de 30 km autour de la centrale.

Fukushima-Daiichi
Fukushima-Daiichi

Bilan :

Toutes ces explosions ont relâchées un vaste panache de combustible radioactif, normalement confiné, dans l'atmosphère. Près de 32 Millions de Japonais aurait été exposés à ces retombées radioactives. Selon, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, les particules radioactives se serait dispersées pour 80% d'entre-elles dans l'Océan Pacifique. Les 20% restant auraient été dispersés dans un rayon de 50 km. La catastrophe a été évalué au niveau 7 sur l'échelle INES (International Nuclear and Radiological Event Scale), c'est-à-dire le plus haut niveau de cette échelle.

Plus de 18 000 personnes ont perdu la vie dans le tsunami (15 893 morts et 2 565 disparus). Selon les statistiques du ministère de la santé japonais, il y aurait eu pour l'heure 1 700 cancers mortels liés à la catastrophe nucléaire. Un chiffre sous-estimé selon plusieurs ONG. 10 000 cas de cancer pourraient être révélés dans les dix prochaines années.

(Namie-machi, préfecture de Fukushima)
(Namie-machi, préfecture de Fukushima)

La catastrophe a conduit au déplacement de plus de 340 000 personnes. L'iode 131, relâchée par les explosions des réacteurs, a contaminé 1 800 km² de terrains, et on retrouve des traces de doses critiques de césium, sur plus de 30 000 km² (l'équivalent de la superficie de la Belgique). Ces terrains resteront radioactifs pendant une trentaines d'années.

Ainsi, de nombreuses villes sont devenues des villes fantômes comme la ville de Namie (cf, photo en haut à droite), ou celle d'Odaka. Encore aujourd'hui, les équipes de Tepco s'occupent de décontaminer les villes abandonnées afin de les rendre habitables. Les arbres sont élagués, 5 centimètres de sol doivent être retirés, et les bâtiments passent au Kärcher. L'objectif de cette opération est de réduire l'exposition annuelle des lieux à 1 millisievert soit la limite maximale autorisée.

Déchets radioactifs stockés après une opération de décontamination à Odaka

Déchets radioactifs stockés après une opération de décontamination à Odaka

Aujourd'hui, les opérations de décontamination continuent et quelques personnes, surtout des personnes âgées, reviennent sur les lieux pour y vivre. La plupart de anciens habitants y reviennent uniquement pour aller récupérer leurs affaires. Est-ce que les opérations de décontamination seront suffisantes pour que les habitants puissent revenir vivre dans les villes fantômes ?

Cet article s'est largement inspiré de ces sources :

Wikipédia : Accident nucléaire de Fukushima (Chronologie)

Le Point : l'effarant bilan

© 2016, Kana
© 2016, Kana

Merci à tous d'avoir lu cet article, n'hésitez pas à réagir dans les commentaires. Je dois avouer que cet article a été fait un peu dans la précipitation et qu'il s'est largement inspirés des sources indiquées ci-dessus, donc je vous conseille d'aller y jeter un œil.

Si les événements de Fukushima vous intéressent, sachez qu'il existe un manga, Au Cœur de Fukushima, de Kazuto Tatsuta, disponible aux éditions Kana.

On se retrouve très bientôt pour de nouveaux articles.

したっけ !

Nippon-Sensei.

Fukushima, 5 ans après.

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